Un petit message d'espoir
pour les parents de grands prématures .

 

 

A tous les parents de grands prématurés,

à ceux qui doivent dire chaque soir au revoir à leur enfant dans son petit lit d'hôpital trop grand pour lui (leur petite boîte en plastique , comme disait Maëva), à ceux qui n'en peuvent plus d'aller, de bonnes en mauvaises nouvelles au fil des jours, à ceux qui, malgré leur sortie d'hôpital redoutent l'avenir et s'inquiètent pour leur enfant, j'aimerai que ces quelques petits mots vous apportent un petit peu de réconfort et tout au moins un peu d'espoir.

Notre petit Robin est né à 29 semaines d'aménorrhée ( c'est à dire 6 mois de grossesse), il pesait 1, 080 kg, (si petit qu'il a pris ses premiers bains dans une baignoire de poupée), au bout de quelques jours il ne faisait plus que 910 grammes. Il a été transfusé à 10 jours, a mis plus de trois semaines à respirer tout seul (mais ça c'est parce qu'il savait que nous aurions besoin de courage quand son petit frère Mathis partirait, alors il attendu ce jour là, pour nous ramener vers la vie, il a entendu ce jour là pour respirer comme un grand, comme pour nous envoyer un petit message, nous disant qu'il avait tout compris, qu'il allait se battre avec nous). Il a mis plus d'un mois et demi à s'alimenter tout seul.

Il est resté un mois en réanimation et presque deux mois de plus en néo nat.

Au passage il a été dopé à l'EPO et la caféine (on voit les résultats aujourd'hui).

Il est enfin rentré à la maison, avec une machine branchée nuit et jour sur son petit coeur jusqu'à ses 6 mois, car il nous faisait quelques "bêtises" comme disent les médecins, quel joli mot pour nous dire que son coeur faisait des bradycardies (il ralentissait beaucoup, beaucoup, beaucoup et faisait donc hurler la machine quand il ralentissait. (déjà petit, et déjà si farceur!)

Il est retourné quelques fois à l'hôpital, nous y étions un peu comme chez nous !!!

A sa sortie d'hôpital, le pronostic était réservé sur le fait qu'il puisse y voir, entendre et même marcher.

Il a été opéré trois fois, d'opérations, certes bénignes, mais trois fois de trop pour nous, car toute la grosse machine se remet, à chaque fois en marche.

A 16 mois environ, il a franchi la porte des cabinets médicaux des médecins qui le suivaient, en marchant comme un grand, et en tentant d'escalader la table d'auscultation. Ce jour là, j'ai vu leurs yeux briller. Ce jour là, j'ai su qu'il avait gagné la bataille.

Ce petit bonhomme là, a plus de trois ans aujourd'hui, et il pête la forme (presque un peu trop parfois). Il escalade mieux qu'un petit singe, met tout le monde dans sa poche avec un sourire, respire le bonheur de vivre, est le roi de la bêtise et adore quand il va voir un docteur (comme quoi, il n'est pas rancunier!).

Ce petit bonhomme là, s'apprête à traverser l'Amérique du Sud !!!!!

Personne ne l'aurait cru, ni même pensé, il y a 3 ans, et pourtant il va le faire.

Alors gardez espoir, la grande prématurité est faite de doutes, d'angoisses, d'incertitudes insupportables mais aussi de tellement d'amour et de force de vivre.

Gardez confiance, en votre enfant, ces petits bouts ont appris tellement tôt à se battre, qu'ensuite ce sont eux les plus forts !

Ayez confiance en eux, ils vous épateront !